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 2013 Le Compostelle de F.Lescure et S.Bourdon 7/8/9 juillet

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THANRON Bernard
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MessageSujet: 2013 Le Compostelle de F.Lescure et S.Bourdon 7/8/9 juillet   Mer 10 Juil - 16:37:46

Dimanche 7 juillet 2013 Zéro km quelques hectomètres touristiques en ville.
Santiago, journée de repos, comme le tour de France,  il n’y a pas de raison ! Le programme dominical est flâneries en centre ville, visites et préparation au départ du lendemain.
Nous rejoignons la cathédrale voir si nous croisons d'autres pèlerins mais personne à l’horizon. Après avoir acheté quelques ultimes souvenirs, nous faisons halte dans un bar à tapas grignoter un peu. La visite du musée de la culture galicienne est des plus rapides, celui-ci fermant ses portes, nous sommes frustrés. Qu’importe ! nous reviendrons une autre année…à pied bien entendu ! Le retour à l'auberge nous pèse, nous suffoquons tant la chaleur est forte et aride, nous avons l’impression de dessécher sur pieds au fur et à mesure de nos pas ! Chacun d’entre eux nous coûte. Dans cette ambiance estivale plombée, nous restons à l'auberge toute la fin d'après-midi, récupération oblige. Nous projetons d'aller dîner dans une pulperia (spécialités galiciennes de viandes et produits de cet Océan qui s’approche de jour en jour pour nous). Il y en a quelques unes alentours et il serait dommage de rentrer en France sans avoir goûté le "pulpo gallego" (pouple à la galicienne cuit dans des chaudrons de cuivre et servi arrosé d’huile d’olive et saupoudré de sel et  paprika) arrosé d’un Vinho Verde, ouna merveille ! Ils sont plutôt doués en cuisine et nous nous sommes régalés.  Marcheurs, sportifs mais pas moins amateurs de fines saveurs étrangères  ! Nous rentrons à l'auberge…à pied, 1500m, carbonisés ! Nous profitons néanmoins de la nuit montante et c'est tant mieux car l’air du soir est encore très pesant. Le dortoir dans lequel nous gîtons est dépeuplé, seules personnes y dorment déjà. Heureusement que nous avions préparé nos sacs à dos cet après midi sinon nous aurions risqué de les réveiller. Prendre précaution d’autrui fait parti des bons rapports avec les autres, mais il n’y a pas qu’ici que cet adage souvent oublié doit être appliqué, respect. Nous en avons un exemple éclatant plus tard. Un groupe transporté en car est arrivé dans la nuit; pour se rendre à leur dortoir, les occupants doivent passer  juste devant le nôtre. Ils sont très bruyants, sans gêne et nous réveillent pour un moment, le temps que le cycle de sommeil revienne, merci merci au troupeau humain ! Sylvain lui n'a rien entendu. Je vais mettre ça sur le compte de mon sommeil de plume et lui de son sommeil de plomb. Départ prévu vers 7 h lundi matin pour reprendre notre parcours vers l’Atlantique.

Lundi 8 juillet de Santiago à Negreira 21 km
Bzzz bip bip bzzz bip bip bzzz 5h30, la première montre ou téléphone portable bourdonne. Encore plus tôt que l'heure du réveil quotidien lorsqu'on travaille ! Quels sacrifices de sommeil ne ferait-on pas pour simplement marcher le nez au vent ! Je décide de rester allongé à attendre que le mien sonne ses 6 h. Le petit déjeuner est englouti pour partir à 7 h, ce qui reste très tôt pour cette petite étape mais le nombre de places limité à 20 dans la prochaine auberge nous y oblige. Nous devons mettre toutes les chances de notre côté afin de pouvoir y trouver 2 lits pour la nuit prochaine.
7h nous démarrons, le fond de l'air est frais, un vent  légèr fini de nous éveiller. Nous traversons une partie de Santiago. Nous en profitons pour demander à quelqu'un de nous photographier sur la place déserte de la cathédrale puis nous poursuivons notre chemin. Nous sortons rapidement de la ville puis montons par le sentier traversant des forêts d'eucalyptus. La trace coupe parfois des routes. Le chemin du jour est très agréable et assez ombragé dans l'ensemble. On y dépasse beaucoup de pèlerins, petits plaisirs assurés, l’esprit sport fripon n’est jamais très loin.
Nous entrons dans Negreira vers 11 h pour aller illico faire des emplettes pour les 2 jours à venir car demain il n’y aura pas de commerces en cours de chemin. L’auberge est éloignée du centre ville  et nous ne voulons pas y revenir, tant nous avons marché nous devenons économes de nos pas. Nous savons que la fatigue est installée, il nous faut faire preuve de stratégie afin qu’elle nous investisse de nos doigts de pieds à nos neurones de marcheurs invétérés. 11.30 nous voici à bon port,  2 pèlerins nous ont précédés. L’un est là depuis 11 h. L'auberge affiche une ouverture à 13 h,  l'hospitalière arrive à 12.30 et nous fait entrer à sa suite, sympa.
Il est 15 h et l'auberge est déjà presque emplie. une polonaise, des allemands, italiens, espagnols. Nous sommes les uniques français. Un Nouveau Zélandais arrive pour prendre le dernier des 8 lits de notre dortoir. Il ne porte pas la couleur des Blacks mais il vient de parcourir les 960km de la Via de la Plata ( départ de Séville) pour continuer jusqu’à la côte soit 1050km…ça parle, non ? Seul, il nous dit être parti de la capitale andalouse depuis le mois de mai, qu’il n'a rencontré que des sexa ou septuagénaires. Il a 19 ans, bon sang, ce qu'il a du se languir ! mais sa ténacité démontre un esprit de volontaire à tout prix, seul avec sa seule idée, ne rien lâcher pour arriver ! 
All black sac à dos quoi ! Ce n’est que dans le 2e mois de marche qu’il a trouvé des jeunes de sa tranche d’ âge, il a du se prendre une sacré cure de jouvence ! Le kiwi niouzélandais compostellien envisage ensuite de passer à Paris. L'objectif de sa virée européenne à pied est de parler mieux les langues étrangères, sa méthode, imparable, lui offre le temps, assurément il l’a ! Il se débrouille déjà très bien en espagnol et commence le français. Le groupe s’est retrouvé une partie de la soirée dans la pièce faisant office de salon, salle à manger, entrée, hall d'accueil pour discuter entre nous. Espagnol, italien, allemand, français, polonais (elle parlait anglais, ouf ! ) le multilinguisme était roi et nous passions aisément de l'espagnol à l'anglais pour que tous saisissent les entretiens, croquis à l’appui s’il fallait. Chacun s'est débrouillé et a réussi à conter son histoire avec l’aide et l’entêtement des autres à vouloir comprendre. La marche est une entraide de chaque instant. Nos conversations se sont prolongées autour de la table à goûter un bout de repas de l’un et de l’autre, partage entre marcheurs de la Terre. Il faisait si chaud que nous avons terminé nos discussions à l'extérieur assez tard, conscients que nous ne pourrions dormir, alors nous avons parlé parlé jusqu’au moment où les yeux ont piqués, signe d’endormissement imminent.
Mardi 9 juillet de Negreira à Olveiroa 32km
Les premiers ont commencé à bouger à partir de 5 h et nous étions les derniers à nous lever à 6 h (grâce matinée jusqu’à 6h ici, c’est un luxe !). A 6h30 le dortoir s’était vidé de ses occupants qui marchaient déjà. On a commencé l'étape à 6.45 pour finir à 12.30h Nous avons encore soufferts de la chaleur, toujours sur la fin  de parcours, le soleil montant et notre état physique descendant…
L'auberge d’Olveiroa est située près d'une ferme dont les parfums sont loin d’être agréables. Nous sommes aussi cernés par les mouches. Cela me rappelle l’épisode des mouches plates de la Voie du Littoral en 2011. J'ai encore eu droit à une dizaine de piqûres de moustiques cette nuit malgré le produit tropical que j'utilise pour éviter leurs attaques ; ou je me suis fait avoir sur la qualité du produit ou il est périmé. Ces mosquitos arrivent même à piquer au travers de mes vêtements, sacrés femelles ! Le pire est que mon compagnon de chemin, Sylvain qui n’utilise aucun produit, ne se fait même pas piquer.  Peut-être n’a-t-il pas de pouls ou n’émet-il pas de dioxyde de carbone ? Sylvain serait-il un marcheur mutant anti-moustiques ?
L'auberge se remplit vite et chacun installe son barda auquel il tient tant, s'empresse de manger et de faire une petite sieste réparatrice. Marcher, manger, dormir, serait-ce notre triptyque inconsciente ? Il est des soirs d’arrivée où je me le demande. Après avoir récupéré, cette question saugrenue a disparu. Nous dînons d’un  menu pèlerin composé d'une salade de crudités, un "cocido gallego" (pot au feu galicien) et un dessert, ce fut un délice.
Demain, 33 km nous attendent pour nous rejoindre Fisterra, fin de la terre espagnole, de l’autre côté de l’Océan Atlantique nord , c’est Rhodes Island ! Fisterra, cabo Fisterra cap Finisterre, il porte bien son nom, là-bas, on se croirait à la pointe du Raz..

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Moi, je préfère la marche à pied (Henri Salvador)
J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence (Anatole France)
“Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.” [i]René Char
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Ne crains pas de marcher lentement, crains seulement de t'arrêter.
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