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 la voix sacre par BERNARD THANRON

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MessageSujet: la voix sacre par BERNARD THANRON   Sam 5 Nov - 10:13:23

ALLEZ MARCHER SUR LA VOIE SACREE !
Les épreuves de La Voie Sacrée chaque 11 novembre et La Voie de la Liberté chaque 8 mai sont les ultimes compétitions de ville à ville restantes sur le territoire. La Voie Sacrée, nom magique où tant et tant sont passés pour un enfer qu'ils n'avaient pas demandé. Il y a des moments où votre esprit se croit sur le Paris-Colmar...il y a des moments où vous frôler ces grognards de 14. Soleil, bourrasques, pluies, brouillards, la nature vous attend de pied ferme sur la Voie Sacrée; à vous de vous y défier ! Marcheur et fier de l'être.

Il est vrai qu'en 2010, La Voie Sacrée est passée à 2 doigts (de pied bien sûr) de la cata. Les marcheurs du 56km ont failli voir leur sacrément réduite. Je passais à Erize lorsque les gendarmes sont arrivés. J'ai bien vu les organisateurs forts embarrassés par la situation incommode, mais c'était ça ou stop à tout le monde. Les visages des gendarmes semblaient peu conciliants. Les représentants de la loi étaient à mille lieues de nos préoccupations sportives. Ils n'étaient pour rien dans cette situation. Les ordres venaient de plus haut, "d'un bureaucrate diplômé quelconque décideur détenteur d'une parcelle de pouvoir"...ouf ! , totalement ignorant de la beauté de la marche sportive sur route. Alors nous avons plié l'échine - en grognant bien sûr- afin qu' une si belle épreuve ne soit pas interrompue. J'ai saisi au passage quelques brides de conversation, et j'ai bien compris que notre véhicule suiveur prévu pour 2 marcheurs, Fréderic Lescure et moi-même, devait se mettre illico-presto en protection...1 véhicule à partager en 2 ! 2 roues pour l'un 2 roues pour l'autre...
Ce jour-là, traversant Souilly, l'intermède réglementaire ne m'a pas empêché de saluer avec entrain un gendarme et une gendarmette souriants, en retour, ces deux-là m'ont bien encouragé. Qu'ils en soit remerciés.
Ce jour-là, montant sur Verdun pour les cérémonies, les véhicules transporteurs d'autorités officielles nous dépassaient à des allures bien au-delà des 90km.h imposés à tous...sauf eux. Il serait bon que les représentants de la sécurité montre l'exemple avant de l'imposer.

Allons, marchons!

Vous aimez la Route ?
Alors aucun doute
La Voie Sacrée
Attend vos pieds...

Bernard THANRON marcheur passionné...grognard...rebelle


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MessageSujet: Re: la voix sacre par BERNARD THANRON   Sam 5 Nov - 10:17:14

Ci-dessous mes impressions de 2010 et 2007 pour vous imprégner.

11 novembre 2010 La Voie Sacrée Bar-le-Duc Verdun 57km
Impressions de l’arrière de l’épreuve.
6h30, de la fenêtre de la chambre, un ciel lumineux rose orangé dégradé du gris tourterelle au gris ardoise semi-nuageux s’offrait à nos yeux. Le thermomètre affichait les 4° prévus par la météo agricole. Le soleil perçant timidement les nuages semblait annoncer une journée sèche mais dame Nature est facétieuse et… dame météo agricole d’une précision redoutable !
Bar-le-Duc 9h, nous étions près de 60 multicolores sur la ligne de départ. Les marcheurs, heureux de se retrouver les uns les autres discutaient allègrement. Le coup de feu donné par Svetlana BARTHELEMY, le peloton s’élança, une quarantaine sur Verdun, une vingtaine vers la borne géante du Tour de France 2001. La file des marcheurs s’étira ainsi de 7 à 12km.h. 12km.h 9km.h, j’ai eu juste le temps de voir s’échapper Antonin BOYER pour ne le retrouver qu’à l’arrivée avec plus d’ 1h30 d’avance…sacré gaillard que l’Antonin !
Bar Erize-la-Petite 21.9km, un vent tiède de sud-ouest nous chauffait. Je regrettais d’être parti couvert d’une polaire et d’un collant molletonné. J’en suais, ce qui n’allait plus être le cas quelques heures plus tard.
Naives-Rosières km 5, un beau groupe enjoué de supporters sportifs dans l’âme encourageait et ravitaillait qui voulait, chocolat jus d’orange eau gâteaux. Verre d’eau attrapé au vol, moitié bu moitié versé sur le crâne, remerciements enjoués, je ciblais au loin des silhouettes marchantes à une allure proche de la mienne en espérant à la longue les remonter ou du moins ne pas les voir s’éloigner. Un dos de marcheur est une assistance rêvée pour celui qui suit.
Alain CARCAILLON et Robert SCHOUCKENS, l’estimable octogénaire vainqueur du Strasbourg-Paris 1977, Daniel BORDIER sont dans mon champ de vision, là-bas, devant. Je me fixais à leurs allures pour les remonter. 19 ans, Anthony OUDIN est à mon côté. Quelques mots de courage et le jeune champenois s’éloigne vers « sa » borne d’arrivée. Une fois passé, Alain me confiera lui avoir servi de « dos locomotive » pour son 22km, service camarade !
Erize-la-Petite km 22. Frédéric LESCURE que je croyais ne plus revoir m’attends. Des représentants de la gendarmerie viennent de prescrire à l’organisation qu’un véhicule suive chaque marcheur. Un flottement s’ensuit. Certains concurrents sont isolés, parfois un seul véhicule ravitaille plusieurs marcheurs, cornélien ! Accompagnateurs et bénévoles ne pourront qu’ obtempérer. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir afin de ne pas pénaliser l’épreuve dans cette situation kafkaïenne.
Chaumont-sur-Aire km 24, une senteur d’ensilage nous accueillait…nous pressons le pas et mon beau-frère m’informait du retour d’une vieille tendinite. Si les sections planes et de côtes lui sont gérables, la moindre pente devenait un calvaire de souffrance .
Issoncourt km 28, je détournais un moment la tête vers la droite, sachant Lacroix-sur-Meuse derrière l’horizon. Je cogitais à ce grand-père de 25 ans Chasseur qui fin septembre 1914 fut suffisamment blessé d’éclats d’obus pour ne plus être apte à revenir aux tranchées. A ce moment, je pensais qu’il m’aidait dans mon avancée sur Verdun.
Heippes km 32, en sortie du village Fred s’est arrêté désappointé à la sortie du village. Plus loin, les « krooh » perçants d’un vol de grues cendrées m’extirpent de ma concentration. Une trentaine de ces volatiles craquant et trompetant est en partance vers une Espagne aux températures plus accommodantes. Je prends le temps de relever la tête afin de suivre ce fascinant vé mouvant à perte de vue. Puis je retrouvais le seul dos de Daniel BORDIER tout en m’apprêtant à recevoir une douche glacée.
Souilly km 35, les premières gouttelettes ressenties à Heippes se sont transformées en grain glacial. Cuisses et mollets durent encaisser rapidement la chute de température. Le marcheur se résigne à lutter et tenir pour arriver.
Lemmes km 38, les mains en appui sur ses lombaires, Daniel BORDIER lâchait prise. Trop de douleurs ma lançait-il au vol. Depuis le départ, il n’avait pas trouvé son allure et son allonge bien connues. Il n’était pas logique qu’il ne me lâche pas. Ce frère colmarien aura tenu le temps humain de la douleur. C’est déjà une belle référence de combativité.
Je restais seul avec Jean-Paul SPIESER comme horizon. Fred et Daniel arrêtés, Jean-Paul fera les frais de ma révolte…désolé camarade ! Je devais m’ exorciser. Avançant sur un fin ruban sec de bitume, une bourrasque me projeta les pieds dans l’eau. Les 12 derniers kilomètres se sont faits pieds trempés mais propres et décapés à l’arrivée ! 14h25, passage sous l’ A4, km 45…enfin au sec le court temps du tunnel. Je devinais qu’Antonin était déjà arrivé au km 57. La route descend sur Moulin brûlé, annonçant Verdun au lointain. J’apercevais 4 marcheurs à quelques hectomètres…les uns des autres. Après avoir jaugé leurs allures, je les reconnaissais, Hervé LANGRENE, Gildan LEGRAND, Claude MAUNY éternellement en short et l’ami jurassien Robert DALLOZ. Musique aux oreilles, je fondais sur eux. Entre Regret et Glorieux, Hervé et Gildan sont passés. Apercevant le panneau Verdun, je passais mon mp3 en « cornemuses » et l’ensorcellement écossais agit…je dépassais Claude et Robert dans le dernier kilomètre…désolé les copains ! L’écart avec Claudine ANXIONNAT pour revenir sur la vosgienne était trop important, de plus Claudine est une « sacrée cliente », une combattante de la route.
A l’arrivée, je retrouvais Antonin BOYER le vainqueur accompagné de l’ami Denis DUGAST. Nous nous congratulons avec 14km d’avance pour Antonin. Une conversation d’amitié-passion des légendaires 500km d’antan me requinque. Avec Dominique ALVERNHE, nous échangeons des brides de phrases. La montpelliéraine est venue ici s’ éprouver après une longue convalescence. Son courage et sa passion sportive ont su la faire bien terminer.
La Voie Sacrée, dans un sens comme dans l’autre, nous devons y revenir marcher chaque année pour la Mémoire de ces gens disparus au nom d’un rêve de Liberté.
La Voie Sacrée, l’épreuve de marche où Grand Fond et Vitesse savent fricoter de plaisir.
Bar le duc km 0, le vent régnait
Verdun km 57, depuis Souilly, la pluie fine maîtresse des cieux avait fait ployé l’échine des marcheurs persévérants
Voie Sacrée 2010, les rideaux de pluie avaient remplacés les orages d’acier de nos aïeux d’antan.
Voie Sacrée je reviendrai.


Voie Sacrée Bar Verdun Route détrempée
Tes côtes longues comme un jour sans pain Pieds inondés
Usent les athlètes pèlerins Jambes glacées
Venus marcher sur tes reins. Sur la Voie Sacrée
Le marcheur sait endurer.



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MessageSujet: Re: la voix sacre par BERNARD THANRON   Sam 5 Nov - 10:18:06

Récit de Bernard THANRON sur cybermarcheur
La Voie Sacrée 2009

LA VOIE SACREE journal de route d’un marcheur

VERDUN MOULIN BRULE . LEMMES . SOUILLY. HEIPPES . ISSONCOURT LES 3 DOMAINES . CHAUMONT-SUR-AIRE .
ERIZE-LA-PETITE . ERIZE-LA-GRANDE . ROSNES . ERIZE-LA-BRULEE . LE PETIT RUMONT . NAIVES DEVANT BAR
BAR-LE-DUC - se souvenir dans l’effort -
Je n'ai plus d'âme, je n'ai plus de cœur, je n'ai plus de ciel bleu…je ne suis plus qu'os, chair…et la pluie drue s'acharne sur l'acier du casque… Jean Giono, septembre 1917

Les cieux chagrins n’ont pas terni la belle ambiance de retrouvailles pour la cinquantaine de participants venus au départ de la 28ème édition de la belle VOIE SACREE. Maintenir dans l’effort sportif le souvenir des millions qui l’ont empruntée dans la souffrance lors de la Grande Guerre est notre unique pensée. Le ciel enchevêtré de nuages gris des plus menaçants se déplaçant bien vite, présageait des grands vents sur les hauteurs. Le thermomètre n’atteindra jamais les 5° dans la journée, mais n’est-ce pas préférable à un 40° plein cagnard ? Novembre nous voilà ! Collants longs molletonnés, gants, bonnets, petite polaire et micro-fibres sont de rigueur. Pour les pieds…ils seront détrempés. Les ampoules ? leur temps viendra à temps. Organismes délicats, s’abstenir ou bien s’endurcir.
Départ bruineux froid venteux, les conditions météo empireront sur les hauteurs du parcours. Le peloton s’étire rapidement. Passé 1 heure de marche, les groupes sont faits, ponctués de quelques isolés en intermédiaires.
Depuis la borne 1 à VERDUN, VOIE SACREE et VOIE DE LA LIBERTE sont unies sur 8km. La dernière va sur Ste MENEHOULD, nous bifurquons vers MOULIN BRULE km9, premier ravitaillement. Pour sa 1ère VOIE, marchant de 8 à 8.400km.h Frédéric LESCURE mon beau-frère, adepte annuel du CHEMIN DE COMPOSTELLE va bien. Le contrat est d’aller ensemble au bout. Nous ne descendrons sous la barre des 8 à l’heure qu’au km33 afin de gérer les douleurs survenues. Depuis la sortie de VERDUN, notre trio est formé avec Daniel BORDIER. Nous discutons et plaisantons vaillamment. Là-haut, nous entrerons dans la tourmente. Au sommet de la côte vers l’autoroute A4, nous voici plein vent, c’est lui qui mènera la danse de la VOIE SACREE. Organisme en température, Daniel s’éloignera doucement et infailliblement à notre vue. Les grains battants arriveront bien vite. Nous tiendrons bon ! Je pense à Pascal DUFRIEN, convalescent, fervent amateur de côtes et autres difficultés routières. Ici, des conditions atmosphériques au profil du parcours, il aurait été à son aise ! Penser aux copains est bon pour le moral. Nous revenons sur Bernadette QUINQUETON, nous la saluons par quelques mots d’encouragement qui, à notre désolation, ne suffiront pas à la souriante marcheuse.
LEMMES km15, après 5km de lutte non-stop contre EOLE et ses violents copains souffleurs du nord-ouest, nous sommes tout heureux de retrouver nos 2 ravitailleurs. L’ami-juge-marcheur aguerri Patrick MARSCHALL s’est mis très efficacement à notre service, aux côtés d’Elisabeth, ils nous soutiendront cœurs et âmes…Chaque coupelle et bouteille nous sont présentées commentaires à l’appui, la grande classe ! Les bourrasques incessantes, parfois déséquilibrés, nous avons gardé l’échine droite et fière tant que nous avons pu. Par sagesse et humilité nous la courberons plus loin. Les pluies nous convainquent de l’efficacité et l’avantage des vêtements en microfibre.
SOUILLY km20, devant le GQG de la 2e armée française durant le siège de VERDUN en 1916, les 3 premiers sont passés depuis une demi-heure. Nous les suivons, au calme. Chaque bourg traversé sera une félicité pour nos vertèbres et muscles forts sollicités. Sortie de SOUILLY, nous retrouvons l’affrontement contre vents et marées venus du ciel. Jocelyn ELIEZER le bouillantais, est dans notre ligne de mire. Une heure nous sera nécessaire pour rattraper sa foulée puis passer. Resté dans notre sillage, Jocelyn ne cèdera que 2h plus tard, quel beau lutteur !
Des déluges en rafales perçant les visages, des tourmentes de vent nous rétractent le corps. Cervicales, trapèzes, muscles droits antérieurs des cuisses, jumeaux des mollets se rebellent. Nous entrons en phase de résistance mentale. Le ciel a décidé de faire ployer les marcheurs puis de les noyer, ils vont savoir le défier pour vaincre. Nous étions certainement les seuls sportifs au-dehors. La Marche est l’un des rares sports par excellence pour gens forts, les autres…
HEIPPES km24, je n’évite pas une flaque d’eau pourtant bien en vue. Splash ! ma chaussure droite se transforme en rivière. La seconde subira le même sort plus loin. Les invariables picotements m’alerteront d’ampoules en gestation. Une douce sensation de chaleur m’informera plus tard que la phlyctène gauche s’est crevée. En sortie du village, sous une nouvelle averse diluvienne, nous percevons en arrière le son du clocher sonnant les midi. Nous ne nous épuisons plus à résister aux rafales. Allure courbée afin d’esquiver les attaques venteuses continues, nous soufflons cadencés. Tout comme les rares corbeaux, chahutés, qui ont bien du mal à suivre leur ligne de vol, nous avons parfois du mal à garder notre ligne de marche. Le passage sous la ligne du T.G.V nous offre quelques décamètres au sec. En sortie le combat reprend de plus belle. Des toitures encore lointaines annoncent ISSONCOURT. Nous y entrons pour nous redresser, toujours fiers marcheurs !
Aux 3 domaines, haut-lieu de la gastronomie meusienne, nous rejoignons Frédéric JOURD’HUI en détresse. 12km plus loin, une santé rétablie, alors que la notre s’étiole, le sociétaire de l’A.C. BAZANCOURT nous repassera irrésistiblement. L’accompagnateur du grand URBA s’endurci bien, merci ! La traversée des bourgs successifs est une véritable aubaine. Les maisons nous coupent du vent et des pluies glaciales épuisantes pour l’organisme. Havre de paix bienfaiteur, zone de calme relatif, nous y ressuscitons. De éoliennes nous apparaissent à l’horizon. Quelle majesté dans le paysage envers les menaçantes centrales. Les nuages bas enveloppent les pales. On pourrait presque toucher le ciel. Mon compagnon ne parle plus. Je vois bien qu’il souffre. Mais il garde la tête haute, regard lointain. C’est sa façon d’esquiver le mal être de la mi-parcours. Il me dit écouter du PINK FLOYD.
Dans la forte descente de CHAUMONT-SUR-AIRE km33, une dame charmante vient nous offrir des sucres. Bien que parfaitement ravitaillés, nous ne lui refusons pas, tant son sourire est compatissant quant à notre situation. Elle nous encourage à tenir. Nous lui promettons.
Après ERIZE-LA-PETITE km34 et la borne géante commémorative du Tour de France 2001, la route serpente au pied des collines. Nous sommes à couvert des vents violents. Nous quittons notre style de lutteur pour retrouver celui de marcheur. Le mari de Véronique NAUMOWICZ m’a confié avoir conseillé à son épouse de se caler derrière moi…comme quoi certaines locomotives ont bons dos et ici, c’est un plaisir de servir ! La douvrinoise possède un rythme efficace et économique fait pour durer. Sa concentration est exemplaire avec ce zeste d’humour fort appréciable quand on se côtoie sur la route. A la sortie d’ERIZE, Véronique nous distance sans coup férir. J’en profite pour prendre la liberté de me retourner (ce qu’un marcheur ne doit jamais faire s’il veut rester concentré). Là-bas, au loin, quelqu’un avance…Il s’avèrera que la silhouette devinée était celle du grand Robert SCHOUCKENS dont l’écart de 8’ au km20 n’aura pas varié d’un iota à l’arrivée. J’appelle cela de la parfaite régularité.
Au sommet de la côte de PETIT-RUMONT km45, le regard de mon compagnon se ravive. Nos équipiers sont idéalement intervenus au grand moment d’incertitude que nous avons tous connus. « J’en peux plus, je suis trop mal, je suis épuisé, je dois m’arrêter pour récupérer si je veux y arriver»…puis à force de persuasion, de mouvements divers et variés, de frictions le cap détresse est passé. Le formidable organisme humain a reconquis les ressources nécessaires de bien finir. Le beau-frère souffle en rythme et sa ré oxygénation est automatique. Un dernier assaut des éléments nous tombe sur le dos, mais à moins de 10km de l’arrivée, rien ne pourra plus nous freiner.
Nous atteignons NAIVES km51 où nous sommes reçus et applaudis par une fervente équipe bénévole de ravitailleurs. Sur une petit table installée sous un abri de bus, des thermos emplies de café, thé ou chocolat chauds nous tendent leurs anses. Le chocolat remplacera avantageusement ma barre de céréale. NAIVES et ton amitié sportive, à l’an prochain !
Le panneau « BAR-LE-DUC » franchi, nous entendons le haut-parleur du stade annonçant les arrivées. En contrebas de la route, sur l’anneau de la piste du stade, nous apercevons Frédéric JOURD’HUI qui en termine. Nous y pénétrons alors que la pluie force son rythme. Bien que trempés comme des soupes, hormis le haut du corps, nous en faisons autant. La piste transformée en piscine, nous bouclons le dernier tour. Même à 8km.h, gare à l’aquaplaning ! Une douche chaude revigorante nous attend, mais comme je regrette la si belle arrivée dans le parc du château de MARBEAUMONT substituée au profit d’une piste de stade.
Sous un dernier déluge, Robert SCHOUCKENS arrivera 8 mn plus tard. A 79 ans, l’extraordinaire compétiteur, vainqueur du Strasbourg-Paris démontre ainsi que la Marche est bien le sport d’endurance par excellence. Lors de la remise des récompenses, une formidable ovation de respect et de reconnaissance lui sera offerte. Robert SCOUCKENS venait d’annoncer sa retraite de compétiteur pour 2008, il aura 80 printemps. Je suis fier de l’avoir côtoyé.
Ce 11 novembre, il ne tombaient ni hallebardes ni orages d’acier, simplement l’eau et le vent étaient maîtres du terrain. Les marcheurs ont bien résisté où d’autres sportifs apeurés et dépendants de leur petit confort auraient rejoint depuis des lustres leur triste sofa.
MICIA la chanteuse de fado m’a chuchoté la chanson des vieux amants, Zachary RICHARD le cajun m’a chanté « dans mon rêve », le Chant des partisans m’est parvenu à temps et par eux j’ai avancé dans la pluie et le vent.
A l’annonce du vainqueur Anthony BOYEZ , mon sang n’a fait qu’un tour à la pensée du plaisir ressenti par l’ami conseiller Denis DUGAS. Anthony est né à VERDUN. Son grand-père est venu le surprendre et l’encourager en fin de parcours. Pour l’en remercier, Anthony donnera tout pour remporter la Victoire de la VOIE SACREE.
VERDUN BAR-LE-DUC 2007 BAR-LE-DUC VERDUN 2008. Ce n’est pas l’enfer connu de nos ancêtres. La VOIE SACREE est une histoire d’amour et de mémoire ancrées l’une à l’autre. Pour les millions d’âmes passées ici, marcheurs et organisateurs font tout pour la perpétuer. Merci à eux tous. Nous leur devons de revenir sans cesse.
Lundi 12 novembre, AULNAY-SOUS-BOIS, ciel bleu pur; il fait grand beau temps, sur la margelle de la fenêtre, mes chaussures sèchent à l’air libre.

LA VOIE SACRÉE...ALLEZ-Y MARCHER !



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Le plus beau poème est celui de la vie, on l'apprend en marchant (proverbe russe)
Mieux vaut user ses souliers que des draps (proverbe italien)
Ne crains pas d'avancer lentement, crains seulement de t'arrêter.
Ils s'instruisirent pour vaincre. (devise de l'école de St Cyr Coétquidan)
Seules les traces font rêver. Agir en primitif et prévoir en stratège.(René Char)
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage (Jean de la Fontaine)
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.(Mark Twain)

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