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 Marche Du Grand Est 2022 - Sur la Maurice Chevalier

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THANRON Bernard
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THANRON Bernard


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Marche Du Grand Est 2022 - Sur la Maurice Chevalier  Empty
MessageSujet: Marche Du Grand Est 2022 - Sur la Maurice Chevalier    Marche Du Grand Est 2022 - Sur la Maurice Chevalier  EmptyMer 11 Mai - 16:02:19

Épreuves Du Grand Est 2022 30 avril et 1er mai - De Domrémy-la-pucelle à l’arrivée d’Épinal
Vues et sensations d’un marcheur sur les 56km de la Maurice Chevalier (40 le samedi 16 le dimanche).


      Domrémy-la-pucelle, grand beau temps, vent de nord nord-est frais. Jeanick Landormy et ses 80 bénévoles ou plus nous ont concocté un programme de qualité ou chacun d’entre nous, marcheurs et coureurs y trouvera son compte. Quelle belle idée d’unir ces 2 disciplines de Grand Fond ! Aux départs : Marche, 6 sur les 145km de la Roger Quemener, 7 sur les 56km de la Maurice Chevalier, 3 sur le 100km...Course : 8 sur le 100km, tous où quasiment seront à l’arrivée d’Épinal. Les rangs sont clairsemés tout de même. Sur les championnats « LARGE » de 2 à 20km, ils étaient 40, merci à eux ! Quel plaisir de côtoyer ces passionnés d’une discipline sportive négligée et dédaignée depuis des lustres, discipline sportive pour gens forts, si peu lucrative pour les businessmen. Je me sens bien avec ces noyaux durs imperturbables investis de la passion de cet art sportif ancestral, oui art ! Affligés d’une telle insuffisance médiatique sportive ? qu’importe ! La passion l’emporte. Filmer, relater, intéresser le public et rendre le ressenti de notre discipline n’est pas offert à tout le monde, seuls quelques journalistes immergés dans ce sport et son histoire savent faire et communiquer, les autres... Marche et course sur route, quelles belles heures de communication entre compétiteurs, suiveurs, organisateurs et spectateurs épatés de voir passer les marcheurs !
      Domrémy, en arrière du peloton, je m’accroupis et palpe le bitume, geste que j’avais fais au départ du Paris-Colmar 2003, afin d’entrer en communication totale avec la route car je sais d’instinct que nous allons nous parler durant des heures, elle et moi. La bouche est sèche, réaction sans aucun doute due au fait de porter à nouveau un dossard et de me retrouver parmi « les miens ». Représentations faites, sous le regard de Jeanne d’Arc , un ciel bleu et un vent nord nord-est, le départ est donné pour La Roger Quemener et La Maurice Chevalier, certains ont déjà filé. Les montres-chrono de certains sont déclenchées, je suis venu ici marcher à l’estime. Quelques dizaines de mètres parcourus dans le village et la première pente de 1700 mètres se présente, belle mise en jambes et en souffles ! Passés devant la basilique du Bois-Chenu ou Jeanne d’Arc, un rapide coup d’œil permet d’ apercevoir les méandres de la Meuse au fond de la vallée, les échappés sont au loin, le peloton est déjà étendu, seuls quelques marcheurs de même rythme ou presque sont regroupés, les heures à venir nous éloigneront progressivement les uns des autres.
      Avançons, nous sommes étirés sur quelques hectomètres, ce qui permet d’ apercevoir celle ou celui qui nous précède. Calé à quelques mètres derrière lui, Daniel Brot m’emmène, le souffle et la cadence vont bien, nous sommes à la même allure. Le 1er PCR est atteint à Frébecourt, 7,6km, je trouve-là « mes » deux suiveuses ravitailleuses des années 2001 2002 2003 venues m’accompagner près de 20 ans plus tard... et les images d’un rêve accomplit ressurgissent comme par magie. Hormis au départ, la section menant à Neufchâteau est plane, nous titillons le 8 à l’heure de moyenne, ce qui m’étonne. Le panneau Neufchâteau et la Meuse franchis, le PCR du km13 passé, les choses ne vont pas tarder à changer, je passe Daniel. Dans le faubourg, une première pente montante s’annonce, suivit d’une seconde, un long faux-plat et voici 2km de côte à souffler-cadencer-ne-rien lâcher à appliquer sans faiblir, ce n’est pas la côte de l’ Étanche mais tout comme. Le sommet atteint, la route ombragée descend vers Rebeuville km16. Au loin, un motard se profile, il pilote un splendide side-car russe dernière génération ; motard à pied, je lui fais un signe de reconnaissance, il me répond d’un V de l’index et le majeur enchaîné d’un poing levé puis d’un pouce levé, tout y passe ! un long coup de klaxon accompagne notre rencontre inopinée, solidarité routière oblige ! Voici Rebeuville où je ravitaille de deux trois traits de ma potion magique eau jus de citron miel, Rebeuville qui va devenir un « petit enfer ». Le passage à niveau et le pont sur le Mouzon franchis la liaison de 4km avec la route de Châtenois sera des plus corsée entre courtes côtes violentes et longs faux-plats dévastateurs, impossible d’y prendre un rythme, les jambes ? j’ai l’impression que leur force a désertée, l’ allure ? je n’ose y penser, peu importe, il faut juste avancer, patienter et appliquer le fameux « ne rien lâcher », 3 marcheurs me passent, le balancement de la queue de cheval d’ Emilie Bizard Planchot s'éloignant ne suffira pas à me relancer.

      Km 20, enfin la grande route 66 empruntée par les feu Paris-Colmar est atteinte, et maintenant cap sans faiblir mais sans tirer sur la machine sur Rouves-la-Chétive et Châtenois, surtout ne pas s’emballer sous le charme de beaux souvenirs ! De cette route, j’en connais les moindres dénivelées et recoins  sachant parfaitement les gérer ! Damien Maldeme sur la Roger Quemener me rejoint, nous marchons de concert. Les pentes sont belles et confortables à descendre, longues et éprouvantes à monter. km 27 Rouves-la-Chétive traversée, 5 bornes nous séparent de Châtenois. La défaillance des kilomètres de Rebeuville est gommée, je déroule et cadence comme il y a vingt ans à la musique de mon mp3, une seule oreillette posée afin d’entendre les bruits de la route. Les blues sont ponctués par Bashung, Béranger, Ferrat, Ferré, Guichard, Nougaro, Reggiani, puis John Lee Hooker et les siens reviennent aux rythmes des blues. La route perchée plonge sur Châtenois, le temps de profiter du paysage lointain, un bonheur ; puis en bas, ravitailler et se reconcentrer, avancer, avancer, 9km et c’est l’arrivée et je sens une gêne caractéristique sous le talon gauche… Sortie de la ville, j’aperçois Claudine Anxionnat arrêtée se massant les cuisses, signe annonciateur de crampes certainement, elle repart néanmoins à bonne allure et je ne peux la rejoindre. Marchons donc !
      Un motard de l’organisation me suit quelque peu, nous parlons deux-roues flat-twin, gros monos, et autres multicylindres, l’esprit motard et l’esprit marcheur s’apprécient bien. Entré dans La Neuveville-sous-Châtenois, un panneau indique Houécourt 2km, Houécourt, le film de 2003 repasse, 3ème nuit de compétition, le bar Le Périgourdin est encore ouvert, des consommateurs applaudissent et encouragent, des enfants m’accompagnent jusqu’à la sortie du bourg, à l’époque, 50km me séparaient de la ville repos d’Épinal, mes équipiers avaient fort à faire. 2022, Houécourt, la route offre une légère pente que pour mieux monter vers la place , changement de rythme obligé! Celui de la locomotive s’impose de lui-même 2 souffles 2 aspirations etc... « là-haut » devant le Périgourdin, Gironcourt est annoncé à 3km, la route, plane et droite est un pur bonheur à marcher en style grand fond ! Vent frais, ciel bleu, 40ème kilomètre, je passe sous l’arche d’arrivée « La Vie En Vosges » 5h27 de marche. Les 8 semaines de préparation n’auront pas été de trop mais imparfaites. « Mes » deux accompagnatrices sont là et bien là, la journée a été belle. Sur cette portion, deux fois je serai surpris au sommet d’une côte par les parfums de lilas portés par le vent, un bonheur à respirer pour relancer le rythme de croisière !
Gagnant notre hôtel, nous apercevons l’alsacienne Sylvie Maison passer et s’enfoncer de son rythme imperturbable dans sa nuit à marcher pour 19h55 de compétition en solo pur, ravitaillant aux points mis à disposition par l’organisation. Allure d’une régularité parfaite, mental d’airain, Sylvie est fin prête pour les 400km qui l’attendent du Paris-Alsace qu’elle a décidé de défier.
      Dimanche 1er mai, Bocquegney, le ciel est bleu le vent toujours de nord nord-est sera dans nos dos. Nous sommes 7 réunis sur la ligne de départ. Philippe Bonneau, préparant les 837km de sa Traversée de la France à la marche du 7 au 16 juin prochains, s’enfuit au loin. Nous passons devant la borne historique de la Voie De La Liberté dédiée à la 2ème D.B. en route pour Strasbourg et Colmar ; le 15 septembre 1944, l’un de ses hommes âgé de 22 ans perdra la vie ici dans son char Sherman « Argonne », l’environnement bien calme est émouvant. Nous marchons dans l’ Histoire et cela m’aide. La sortie du village est… en côte, direction Darnieulles 6km.
      La route est faite de plaques de ciment bien plates, ni nids de poules, ni bombage, confort et application de la foulée talon-pointe bras pliés à 90° assurés. A mi-parcours, j’entends approcher derrière moi la musique caractéristique d’un vélo de course, sifflement, changements de braquet; tournant la tête, j’aperçois trois fanions, l’un étoilé, l’autre tricolore, le troisième rond rouge sur fond blanc ; baissant le regard, je croise celui d’un impressionnant handbiker de compétition. Je le questionne sur son matériel, de la haute fabrication ! Mondial, Coupe d’Europe, Coupe du Monde, j’ai affaire à un champion. Nous faisons connaissance. Christophe Marchal, est Champion d'Europe Paralympique 2021 sur route et contre la montre de sa spécialité, un passionné de la vie, il m’accompagne sur deux kilomètres, je suis conscient de bénéficier d’une escorte exceptionnelle, nous conversons sans ambages, il me confie admirer les marcheurs sur route et leurs opiniâtreté «  à ne rien lâcher » (sic!), comme lui. L’une de ses maximes me séduit : « Commence où tu es - Utilises ce que tu as - Fais ce que tu peux - Parce que vous êtes en vie tout est possible... ». Christophe est en entraînement , je lui devine le même tempérament de feu que celui de Roger Quemener, rencontre extraordinaire inoubliable !
      Le canal des Vosges franchi aux Forges, 5km restent à parcourir, mais quels 5km ! nous sommes dans les faubourgs d’Épinal. Je reconnais la fin du parcours des 100km du Paris-Alsace 2021 où j’étais venu surprendre et suivre à moto l’ami Robert Daloz. L’avantage est, que mémorisé, je sais que la route finale ne sera pas une sinécure, les faux-plats montants longs et loin d’être anodins et que la dernière côte de 1km avant de plonger dans la ville, est des plus ardues à négocier, l’euphorie de l’arrivée proche doit être contrôlée, donc il y faut marcher avec patience, ne pas céder à l’euphorie.
      Dans cette ultime côte, de nouveau emmené par Daniel Brot, je me porte à sa hauteur et lui propose de terminer ensemble. Sans réponse de mon compagnon de route, je rétrograde, me reconcentre et le passe… à moins qu’il ne cède dans les derniers mètres de la terrible côte, va savoir ! Je plonge dans la ville, l’écart se creuse, 1mn 24 nous séparera à l’arrivée.
      Dernier kilomètre en ville, levant le regard du bitume, j’aperçois dans ma ligne de mire un concurrent et soudain je redeviens le chasseur…je décide de tenter de le rattraper, l’allure change, la foulée s’allonge, le souffle saccadé s’accélère, je me rapproche peu à peu, assez proche pour discerner Jean-Nicolas Joffroy à la belle démarche. Les 21 secondes de la traversée d’une passerelle sur la Meuse nous sépareront à l’arrivée. Épinal 2003, km 419, c’est du passé…Épinal 2022, km 56 de la Maurice Chevalier, la ligne d’arrivée passée, l’idée de réitérer l’an prochain est déjà naissante.
      Je retrouve mes équipières, nous nous félicitons, La Maurice Chevalier, voilà une bonne chose de faite et pour l’an prochain, mon ange-gardien me susurre d’y revenir… sacré passion que celle de la marche !
Belle remise de prix, beaux podiums, sous l’ombre des arbres. Organisateurs, bénévoles, participants, chacun aura bien mérité. Un compétiteur vient me parler : Bernard bonjour, je suis Alain Malfondet… il vient de remporter le 100km. Une photo de notre duo est prise. Alain communique ici ; le 11 mai, il sera au départ des 48 heures sur les 6 Jours de France, quand la marche vous tient, elle ne lâche rien ! Autre photo prise aux côtés d' Evelyne Quemener, Stéphane du même nom et du même enthousiasme et Jean "p'tit Jean" Cécillon. Très belle initiative d'avoir créé ce trophée "Roger Quemener" qui sera conservé par celui ou celle qui remportera 3 fois la grand épreuve de celles du Grand Est. Des 145km de la Roger Quemener, Joseph Pierquin manque à l’appel, il m’a confié avoir « vu un peu grand » et s’être arrêté une fois la nuit passée au km 84, belle performance pour une première fois. Je pense qu’il reviendra, je le lui souhaite vivement. Maintenant, il faut rentrer chacun chez soi et de nouveau rêver, à marcher porteur d’un dossard.
7 mai, l’ampoule du talon gauche est séchée, celle qui pointait le bout de son nez sous la corne du talon droit n’a pas eu le temps de se développer plus, elle est résorbée, la nature humaine n’a plus qu’à rénover le tout. Plus de 20 ans après les grandes compétitions, les frottements sont toujours présents aux mêmes endroits, donc phlyctène assurée et souvenirs ravivés. La récupération physique des 56km est faite. Le besoin d’entretenir l’acquis de 8 semaines de préparation pointe à l’horizon.
      11 mai, première sortie, 7,2km juste sous l’ heure, cela suffit.
Marche Du Grand Est 2022, que de souvenirs en pointillés revécus. Quel bien-être de renouer avec le goût et le plaisir de marcher avec un dossard sans se préoccuper d’autre chose que de terminer l’épreuve….merci aux organisateurs, plus qu’1 année à rêver d’y revenir, plus qu’une année de préparation sans trop rien lâcher avant la prochaine ! Revenir au départ pour le bonheur de marcher dans l’histoire de la marche.


B.Th.

_________________
Moi, je préfère la marche à pied (Henri Salvador)
J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence (Anatole France)
“Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.” [i]René Char
[/i]
Ne crains pas de marcher lentement, crains seulement de t'arrêter.

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