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 Yohann Diniz a écrit:

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ROGER QUEMENER
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MessageSujet: Yohann Diniz a écrit:   Ven 22 Aoû - 21:46:39

Yohann Diniz a écrit:
il y a 9 heures

> média / lemonde.fr / article du 21 aout dans sa totalité / yohann diniz j-ai retrouvé les clés de la réussite

Yohann Diniz est un homme occupé. Récemment, le nouveau détenteur du record du monde du 50 km marche (3 h 32 min 33 s) a dû jongler entre une réception à l’Elysée avec l’équipe de France d’athlétisme et son déménagement, près de Soissons (Aisne). Transporter des cartons, «ça fait du bien, parce que ça me laisse un peu dans la réalité, s’amuse-t-il.Mais j’ai eu une vie de schizophrène pendant deux jours.»

Vous êtes le seul athlète à avoir battu un record du monde à Zurich, et de presque deux minutes. Comment l’expliquez-vous ?

Il fallait être deux pour faire une très belle course. Avec le Russe Mikhail Ryzhov, on s’est rendu coup pour coup. Je me disais : «On est en train de faire un truc, ça va faire mal.» On marchait sur des rythmes auxquels jamais personne n’avait marché. Je me sentais vachement bien. Dès qu’il portait une estocade, j’arrivais à revenir facilement. Je ne m’affolais pas. Je le fais exploser entre le 35e et le 38e kilomètre. Au 40e, je vois l’horloge et je me dis : «Ce n’est pas possible, ce temps stratosphérique !»

Et vous accélérez encore dans les huit derniers kilomètres…

Par rapport aux championnats d’Europe de Barcelone, en 2010, où je savourais déjà le titre avant la fin, là, je me suis dit : «Reste à fond dans la course. Lâche rien !» Tout en sachant que j’étais champion d’Europe, le challenge, c’était d’aller chercher le record du monde.

Je me sentais vraiment très bien. J’ai pris le temps de m’arrêter, dans les deux cents derniers mètres, pour prendre un drapeau portugais, parce que je savais que le record du monde était largement battu. Je voulais rendre hommage à mes grands-parents. Cette année, j’ai accompagné ma grand-mère jusque dans ses dernières minutes.

Que vous inspirent les commentaires sur ce geste ?

J’ai lu des choses sur mon «communautarisme» : il n’y avait rien de tout ça. C’est de la connerie, de la bêtise humaine. La France est multiethnique. L’image de l’équipe de France, c’est ça aussi : Black-Blanc-Beur, Portugais, Français. Mes aïeux sont venus ici parce que la France avait besoin de toutes ces communautés pour se reconstruire.

Comprenez-vous que votre performance puisse susciter des doutes ?

Ceux qui me connaissent savent comment je fonctionne. Je peux montrer mes suivis longitudinaux, il n’y a aucun problème. Je fonctionne à l’affectif, avec un petit coup de pinard ou une bonne bière belge quand j’en ai envie. Et je marche surtout au mental. On ne sait pas tout ce que le cerveau est capable de faire pour repousser nos limites. Le physique, c’est 40 % de la performance, mais le mental, c’est 60 %.

Des marcheurs ont été contrôlés positifs ces dernières années…

On a vu beaucoup de Russes tomber pour dopage, Alex Schwazer aussi [champion olympique à Pékin en 2008, l’Italien a été contrôlé positif à l’EPO en 2012]. Moi, vous savez, j’ai pris des choses avant d’être athlète [Yohann Diniz a déclaré avoir consommé de l’ecstasy et du LSD avant sa carrière de sportif]. Peut-être que, comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit et que j’ai des restes. Mais je ne pense pas que cela me serve ! Dans le milieu de la marche, personne ne remet en cause ma performance. Dans les médias italiens, des entraîneurs ont dit : «Diniz, c’est la personne la plus propre qui soit», ça m’a fait plaisir. Les hauts et les bas de ma carrière le prouvent aussi, je pense. On a toujours su que j’avais ce potentiel.

Est-ce votre course la plus aboutie ?

Oui. J’aurais aimé pouvoir la faire sur un championnat du monde ou aux Jeux de Londres. Mais il reste encore deux ans. J’ai retrouvé les clés de la réussite. Il faut continuer à travailler comme on l’a fait cette année pour reproduire ce type de course.

A 36 ans, vous semblez au sommet de votre forme, vous qui avez commencé la marche sur le tard, après une jeunesse mouvementée. Comment passe-t-on du monde de la fête à celui de la marche ?

Je n’ai jamais de juste milieu. Elevé par mes grands-parents, j’ai vite été livré à moi-même. Je n’ai pas tout le temps choisi les bonnes fréquentations. Ma vie était en danger, tout simplement. Je me suis dit : «Pour t’en sortir, il faut t’imposer une rigueur. » Cette rigueur, j’ai voulu la conserver. Mon club [l’Entente Family Stade Reims Athlétisme] et la ville de Reims m’ont soutenu : j’étais militaire en emploi jeune au sein du club et je travaillais pour la ville dans les quartiers difficiles.

Quand j’ai commencé vraiment la marche, après les Mondiaux de Paris en 2003, Thierry Toutain [ancien marcheur international] m’a dit : « Le haut niveau, Yohann, ce n’est pas à 50 %. Soit on le fait, soit on ne le fait pas. » Ça m’a ému parce que je le sentais aussi comme ça.

Depuis votre titre européen, en 2010, vous avez aussi connu de grosses désillusions aux Mondiaux et aux Jeux. Avec vous, c’est tout ou rien ?

Je suis toujours arrivé très en forme aux compétitions. Mais après beaucoup de réussites, j’avais perdu les clés. Avec mon ancien entraîneur, Pascal Chirat, on était trop dans le compliqué. A trop vouloir gérer, je n’étais plus du tout à l’écoute de mes sensations. Aux Mondiaux de Moscou, en 2013, j’étais un pantin au milieu d’athlètes, spectateur de la course. Je regardais mon entraîneur pour qu’il me dise quoi faire. La marche, ce n’est pas ça ! Les sensations, c’est toi qui les as. Il fallait que j’arrive à mettre le mental sur la cylindrée.

Avec les difficultés que vous avez connues, avez-vous pensé arrêter ?

Non, même à Londres où j’ai été victime d’une injustice énorme [une disqualification]. Mais après les Mondiaux de Moscou, en 2013, je me suis posé des questions. Et après, j’ai fait un gros burn-out. Je voulais en finir… Jean-Michel Serra, le médecin de la Fédération française d’athlétisme, Ghani Yalouz [directeur technique de la Fédération], Mehdi Baala [ancien demi-fondeur, ambassadeur auprès de la Fédération], ma femme et quelques très proches amis ont été là pour moi tout au long de l’année avec mon nouvel entraîneur. Cela a été très dur jusqu’au mois de janvier. Je suis encore un traitement pour cela.

A l’automne 2013, vous avez changé d’entraîneur et rejoint Gilles Rocca.

On s’est croisés à un concert en août 2013. J’étais en pleine réflexion pour changer d’entraîneur. Il m’a dit : «Il faut que tu arrêtes de te trouver des échappatoires. C’est toi qui marches, pas les autres ! Si tu dois t’en prendre à quelqu’un, c’est à toi, pas aux autres.» Il m’a parlé cru. Il n’avait aucune référence en marche, mais il a déjà entraîné à un très bon niveau sur le marathon ou le demi-fond. Toute l’année, on a travaillé les rythmes. Il a voulu faire de moi un Kényan blanc, capable de mettre des à-coups à tout moment de la course, de répondre à n’importe quelle attaque.

Vous avez travaillé la technique aussi…

Il fallait que je sois le VRP de la marche : que je sois le plus propre possible techniquement. On est allés voir l’un des meilleurs pères de la technique au monde, Pietro Pastorini, en Suisse, où il entraînait l’équipe nationale de marche. Il nous a donné des conseils techniques.

Qu’est-ce qui vous fait marcher, à 36 ans ?

L’amour de cette discipline, de cet effort. C’est spirituel. On est souvent seul pendant l’entraînement, en moyenne cinq heures par jour. On est dans la réflexion, dans l’écoute de son corps. Ecouter mes pieds glisser sur le sol, ma respiration, le calme, entendre chanter les oiseaux, sentir le bon air de la campagne, ce sont des choses qui m’ont toujours plu.

Vous avez dit que vous continueriez jusqu’aux Jeux de Rio en 2016. Pourquoi ne pas avoir arrêté sur ce succès à Zurich ?

J’ai fait quelque chose d’historique, en étant triple champion d’Europe. Mais j’ai envie d’apparaître enfin dans un classement, de ne plus être marqué «DQ» [comme disqualifié]. Ce sera ma dernière chance. Après, il sera temps d’apporter mon savoir-faire et mon vécu aux nouvelles générations. Et même si j’arrêterai le haut niveau en 2017, j’ai déjà dans un coin de ma tête l’objectif de m’aligner sur le Paris-Colmar, la grande épreuve de marche de ma région, pour le tenter au moins une fois et essayer de relancer cette course. Cela me rappellera mon enfance. Et ce serait un hommage à mon ancien prof de piscine, qui avait remporté cette course. J’avais 5, 6 ans et je ne comprenais pas pourquoi il s’entraînait par n’importe quel temps.

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MessageSujet: Re: Yohann Diniz a écrit:   Sam 23 Aoû - 22:22:41

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MessageSujet: Re: Yohann Diniz a écrit:   Sam 27 Sep - 7:00:09

Il mérite vraiment une médaille à Rio en 2016 !
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MessageSujet: Re: Yohann Diniz a écrit:   Lun 29 Sep - 13:35:11

tres beau se que tu fait et se que tu vas faire felicitation
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MessageSujet: Re: Yohann Diniz a écrit:   Lun 29 Sep - 19:15:57

de la part de Mr NICOLLIN , il a beau avoir une "grande gueule" pour les bonnes causes, mais c'est un homme qui a grand Coeur pour les personnes qui se défoncent.
Encore bravo Yohann tu est un grand champion.

les Dunkerquois  Raymond et Corinne
A bientôt sur les routes.
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MessageSujet: Re: Yohann Diniz a écrit:   

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Yohann Diniz a écrit:
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