Sport.fr : - Yohann Diniz - Besoin de changement :
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Sous le titre de « Diniz Evolution », le marcheur le plus célèbre de France a lancé ce 3 février à Paris sa nouvelle saison, forcément tournée vers l'avant quelques mois après la terrible désillusion des Jeux Olympiques. A 31 ans, Yohann Diniz s'est entouré d'un staff des plus complets pour des objectifs ambitieux comme le doublé 20-50 km aux Mondiaux de Berlin cet été.
Pourquoi cette nouvelle équipe ?
J'avais un grand besoin de changement, j'étais arrivé à une forme de lassitude depuis déjà deux ans. A l'époque je n'avais pas voulu changer, de peur de la réaction du grand public, du milieu. Ça pouvait paraître bizarre de changer alors que j'étais champion d'Europe. En fait, j'aurais du penser à moi.
Est-ce un nouveau Yohann Diniz qui repart en 2009 ?On part pour quatre ans. Nouveau ? Oui et non. J'ai 31 ans, j'ai mûri maintenant on se pose et puis il fallait changer, explorer les satellites autour de l'entraînement qui se résumait alors qu'à l'aérobie. Il n'y avait que ça qui comptait chez moi.
Avec une telle équipe autour de vous, vous êtes dans une obligation de résultats ? Non, l'obligation, c'était de retrouver le sourire et le plaisir, de nouveau m'éclater sur la piste comme avant. Et puis après, derrière, faire de belles choses et aller chercher des médailles car j'ai encore le potentiel pour ça.
Quels sont les vrais plus de cette nouvelle organisation ?Pour l'instant au niveau de l'entraînement, je n'ai plus cette monotonie, l'impression de faire la même chose. Aujourd'hui, on innove et le fait de retrouver le goût, le moral, consulter un ostéo régulièrement, le médecin aussi, faire un bilan médical, des choses que ne faisais pas auparavant.
Une manière aussi de ne pas renouveler l'échec des JO ?Oui, c'est un échec donc forcément on va essayer de l'éviter mais c'est avec les échecs que l'on rebondit. Au début, ça été difficile mais il fallait d'abord retrouver le plaisir et la performance va revenir, ça ne fait aucun doute.
Combien de temps vous a-t-il fallu pour évacuer la déception de Pékin ?Ça été difficile, il m'a fallu un bon mois mais la page est tournée sinon je ne serais pas devant vous aujourd'hui. Si je n'avais pas retrouvé le plaisir, de toute façon tu ne fais pas de haut niveau sans ça, j'aurais mis un terme à ma carrière, ça c'est sûr.
"La blessure de Pékin, elle n'est pas anodine"
Quels sont les objectifs pour 2009 ? Il y a d'abord la Coupe d'Europe que l'on organise à Metz au mois de mai, sur 20 km et puis je doublerai aux Mondiaux de Berlin en août sur 20 et 50 km ;
Ce doublé, c'est un petit peu osé non ? D'autres l'ont tenté comme le Polonais Korzeniowski Robert, son exemple vous a-t-il influencé ? Robert lui avait comme objectif de gagner (Korzeniowski est devenu champion olympique du 20 et 50 km à Sydney en 2000, ndlr) moi c'est de faire du mieux possible sur les deux. Il y en a d'autres qui doublent comme moi mais j'ai un profil différent. Je suis un marcheur capable de faire les deux. On est trois quatre dans ce cas. J'avais envie de le tenter, certains font le doublé 100-200 m, pourquoi pas nous les marcheurs ? C'est un beau challenge, une belle aventure.
Dans votre nouveau programme, il y a désormais des séances de musculation. Comment ça se passe ? Au départ, on a du mal, c'est comme tout. Mais je le ressens déjà sur ma technique, je suis plus puissant, plus solide sur la piste et j'ai gagné en amplitude. Ce programme s'inscrit dans la continuité mais c'est différent. Avant, la muscu on ne la jugeait pas forcément nécessaire. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. La blessure de Pékin, elle n'est pas anodine. Il y a eu cette mononucléose et plein de choses qui ont fait que ça a pété, comme le manque de physique. Et puis je vais consacrer du temps à la récupération.
Etes-vous soulagé d'avoir renversé la vapeur ?Oui, tout est en place pour ne penser qu'à l'entraînement et je découvre tous les jours, ça me plait. J'avais vraiment besoin de changement. Je suis parti pour quatre ans dans un état de fraîcheur.